Nous chercherez en vain sur une carte le village de Wàckesdorf, « village des galopins », et pour cause. C’est un surnom, comme nombre de villages en portent, sans que, bien sûr, les touristes de passage soient au courant… Les surnoms et sobriquets collectifs dans l’Alsace ancienne D ans une chronique précédente, nous avons vu que les populations germaniques de l’Europe ancienne qualifiaient leurs voisins non-germaniques de Welsches et que ces derniers leur rendaient la pareille de diverses manières. Resserrons à présent notre focale, et intéressons-nous à l’Alsace. Ses anciens habitants avaient une imagination intarissable quand il s’agissait de trouver des sobriquets à in8liger aux régions voisines, mais aussi, entre Vosges et Rhin,

aux voisins du même village, aux habitants des villages voisins, aux métiers, aux religions. C’est dans cet imaginaire truculent que nous allons faire un tour aujourd’hui. Avec la réserve que les lignes qui suivent ne peuvent évidemment prétendre à l’exhaustivité… D’abord nos voisins de l’est L’ Alsace étant une terre de migrations, de nombreux sobriquets ont existé pour des populations venues s’y installer, y travailler ou pour l’occuper militairement. Encore aujourd’hui, nos voisins immédiats, venus d’outre-Rhin, sont qualiBiés de Hànkele ou de Schwowe. Le premier surnom est un diminutif de Hans, le second signiBie « Souabe », et porte une bonne charge péjorative. Voici un cas plus ancien et moins connu: l’occupation de l’Alsace par les troupes autrichiennes, wurttembergeoises et russes à la Bin du Ier Empire a laissé sur place les sobriquets Kostbeutel, Knepfelbüch, Eierkuechefresser, Pfànnekueche, qui signiBient respectivement et en gros, « sac à bouffe », « ventre à quenelles », « bouffeur de crêpes » et « crêpes ». Vers 1850, ces charmantes appellations, qui visaient la voracité des occupants, étaient en voie de disparition. La réputation de goinfres ne se cantonnait pas aux Wurttembergeois. Cette image d’époque montre des Russes au cantonnement, attendant qu’on leur serve des crêpes.

De cette période date aussi un poême en allemand, visant l’appétit des troupes étrangères: Wenn jede Festung im Frankreich umher Eine PClute oder ein Pfannkuche wär, So hätten’s die Deutschen schon längst gewonnen, Hätten sie alle mit Sturm eingenommen. « Si chaque forteresse en France Etait une PClüte (quenelle) ou un Pfannkuchen (crêpe) Les Allemand l’auraient conquise depuis longtemps: Ils les auraient toutes prises d’assaut » Cette obsession de la nourriture s’explique par le fait que l’occupation coincidait avec une crise alimentaire. Une éruption volcanique à l’autre bout du monde avait en effet réduit l’ensoleillement et donc la production agricole. Les sobriquets entre populations d’Alsace Il existait des sobriquets pour les différentes zones de l’Alsace. Les gens du Sundgau étaient les Hütbigott. La tradition populaire raconte que dans les temps anciens, vivaient dans cette région les Altgott, les Wiszgott et les Gauler, une masse turbulente qui pillait et détruisait châteaux, couvents et villages. Or, le château de Grentzingen appartenait à un comte qui régnait sur la région. Les Gauler s’en emparèrent, capturèrent le comte, lui enlevèrent la peau, puis l’accrochèrent au bout d’une hampe qu’ils promenèrent partout au cri étrange de Hütbigott. Etait-il dérivé de haut, « peau » ? ou de hüten, « garder » ? Il signiBierait donc soit « la peau, par Dieu », ou « gardez-vous, par Dieu ». Cet épisode qui remonte probablement à la Guerre des Paysans, s’est en tout cas conservé et on l’emploie encore vers 1850 à propos d’attaques sanglantes ou de querelles violentes. Il est difBicile de cerner l’origine des autres surnoms. Altgott pourrait signiBier « ancien Dieu ». Wiszgott serait « Dieu sage » ou « Dieu qui guide ». Gauler pourrait être dérivé de Gaul « bourrin ». La partie sud du Sundgau, autour de Ferrette, était der grobe Strich, « district des brutes » ou Spausenland, ses habitants les Spausen, c’est-à dire des voleurs. Le terme de Wàckes, qui existe toujours, a d’abord été appliqué par les Suisses à leurs voisins sundgoviens venus travailler chez

eux. Il avait un contenu très péjoratif et s’est ensuite étendu à toute l’Alsace. On sait qu’en 1913, l’affaire de Saverne a éclaté parce qu’un ofBicier allemand avait insulté des recrues alsaciennes en les traitant de Wàckes. Le sens originel du surnom reste cependant obscur. Dans une chronique précédente, nous avons étudié le curieux surnom d’Alebriches, c’est-à-dire d’Allobroges que les romanophones de Franche-Comté appliquaient à leurs voisins alsaciens. A l’autre bout de l’Alsace, près de la frontière avec la Sarre, vivaient et vivent toujours les Pexen ou Päxer, qui tireraient leur surnom de leur élocution épaisse, lente et nasalisante. En fait, il s’agit des populations de dialecte francique. Remarquons que pour les Colmariens, cette ethnie étrange commence à Sélestat, et que pour les Sélestadiens, elle commence à Strasbourg… Les habitants des villages forestiers (Walddörfer) étaient des Kucucke, des « coucous ». Entre l’Ill et le Rhin habitaient les Rhinschnoke, « moustiques du Rhin ». Les gens de la zone de Haguenau sont toujours des Sàndhàse, des « lapins des sables ». Les paysans de l’Ackerland étaient des Làtze, des « braguettes », en raison de la culotte provocante qu’ils ont longtemps portée. Ceux du Kochersberg et du Ried, étaient des Kärste ou des Kärsthanse, des Spàtze ou des Dreckspàtze, « moineaux », « sales moineaux ». Le « polisseur de fesses ». Livre d’Heures de Wolfegg. La maraichère de la Krutenau, Fin XVe s. avec ses choux. Image du XVIIe s.

A Mulhouse, on était chez les fwilche ou les Ruckele. Les jardiniers de Strasbourg étaient des Krüttkepf, « têtes de chou », ou des Krüttdorsche, « trognon de chou » et l’église Sainte Aurélie, où ils sont paroissiens, était une Gàgummer, « concombre ». Le sobriquet Krütbür, « paysan à choux » n’a pas encore disparu. Les animaux Dans les villages à collines, on utilisait souvent des ânes. On les a donc qualiBiés de Eselsuniversitäten, « universités des ânes ». C’était le cas de Wangen, Boersch, Weiler, Dinsheim, Rott et Westhoffen. Brubach près de Mulhouse était une Eselsmühl, « moulins aux ânes ». Des gens qui prétendaient tout savoir, on disait qu’ils venaient de ces universités. Les métiers Les activités des habitants pouvaient également générer des sobriquets. Les gens d’Artzenheim étaient des Karresàlwe, « pommadeurs/graisseurs de chariots », ceux d’Aspach-le-Haut, des Riwelbinder, « ligoteurs de navets »; ceux de Feldbach près de Ferrette, des Liemsieder, «bouilleurs de colle»; ceux de Folgersburg, des Glàser, « verriers »; à Geibenheim, on était Käsnäcker (?); à Westhoffen, des Rebmesser, « serpettes ». Les métiers intellectuels n’étaient pas épargnés. De manière générale, les étudiants étaient des Gerstenfresser, « bouffeurs d’orge » ; les précep- Un Philister teurs, des Hungerleider, « crève-la-faim »; les professeurs de latin, des Arsafeger, Arsbaucker, « polisseurs/fouetteurs de fesses »; les astronomes des Sterngücker « guigneurs d’étoiles ». Le Prussien Lauckhardt, de passage à Strasbourg sous la Révolution, n’avait que mépris pour les universitaires locaux, qu’il qualiBiait de Philister, « Philistins ». Outre leur manque de Binesse, il leur reprochait d’exploiter des étudiants, les Schantzer, qu’il comparait à la main d’oeuvre travaillant sur les bastions (Schanzen) des fortiBications.

Beaucoup d’autres métiers avaient leurs surnoms: les papetiers étaient des Lumpenleut, « chiffonniers »; les vendeurs dans les boutiques, des Gadenhengal (?); les apprêteurs de cuir, des Leusbrüder « frères épouilleurs ». Les surnoms de religions D’une religion à l’autre, on n’a pas non plus manqué de s’envoyer des aménités. Les protestants appelaient les catholiques: Kritzelmàcher, Kritzketzer, « faiseurs de petites croix », « hérétiques à croix ». A l’inverse, les luthériens étaient des Dickkepf, lütherischi Dickkepf, « têtes de mules de luthériens ». Les calvinistes, des Spitzkepf, « têtes pointues », ou d’Graue, Graustrümpfe, « les gris », « les bas gris ». Les anabaptistes étaient surnommés Motti, « boucs », pour leur longue barbe. Les piétistes étaient des Mucker, « nettoyeurs d’écuries ». Les gitans étaient franchement des Heiden, « païens ». Nous laisserons de côté les cargaisons de sobriquets et insultes déversées sur les juifs. Ils mériteraient une étude à part. Des sobriquets de village à village En ce qui concerne cette question, l’Encyclopédie de l’Alsace est une véritable mine. Nous ne retiendrons ici que les villages aux surnoms les plus croustillants, fondés sur des anecdotes ou des particularités étonnantes. Achenheim : Stier, « taureaux ». L’explication est simple: le blason de la commune porte deux cornes de taureau. Rappelons que pour la même raison, les gens de Hoenheim étaient surnommés Kràbbe « corbeaux ». Avolsheim. Une expression proverbiale dit : Fescht wy Làndau unn offe wye Awelse, « fortifié comme Landau et ouvert comme Avolsheim ». L’explication est sans doute à chercher dans l’histoire du village. Baldersheim: Schneckeschleier « batteurs d’escargots ». Bischheim fait partie de la communauté de la Hundsnàtion, qui comprend également Hoenheim et Schiltigheim. Ce surnom viendrait des tanneurs, qui possédaient de nombreux chiens. Signalons, ô lecteur épris de pittoresque rabelaisien, que la crotte de chien intervenait dans le traitement de la peau de chevreau, et qu’elle se vendait 0,75 f le décalitre à Paris en 1900.

Breuschwickersheim: Linsespàlter « fendeurs de lentilles », en clair, des avares qui mangent leurs lentilles en deux fois. Cf. les Pfennispàlter, les « fendeurs de pfennigs ». Autre surnom: Löjelbrunser « ceux qui pissent dans les tonnelets ». Le Löjel servait à emporter du vin dans les champs ou à la guerre. Brunnstatt: Sunnefänger un Hexezànge, « attrapeurs de soleil et « tenailles à sorcières ». L’origine serait à chercher dans les croyances populaires et la chasse aux sorcières du XVIIe siècle. Colmar: KnoepCler. « Faiseurs de boutons » ? Eckbolsheim: Ses habitants y étaient des Mysmàcher, ce qui signifie au mieux « faiseurs de tas de bois », au pire, « faiseurs de dettes », « gâcheurs de plaisir ». Mais leurs voisins les qualifiaient aussi de Sàndbych, « ventres sableux ». Ergersheim: Hederystüde, « plants de moutarde sauvage ». Egalement Kànàlseicher, «pisseurs dans le canal ». Ernolsheim: Gröyràwe, « les corbeaux gris ». Flaxlanden: Engeleschmelzer, « fondeurs de hameçons ». Haguenau: Sàndhàse, « lapins des sables ». Handschuhheim. Le vieux village était surnommé Bàrissel, Klein Bàriss, « le petit Paris », en raison des disputes entre habitants, qui débouchaient sur des changements fréquents de maires. Pour un paysan alsacien, cela rappelait furieusement le manque de sérieux des Parisiens. Ils étaient aussi des Vierräder, « chariots à quatre roues », ce qui, habilement prononcé, pouvait donner Verräder, « traître ». Holtzheim: Ses habitants étaient des Kissbych, « ventres à gravier » ou, moins sympathique, Kisswàngst, « bides à gravier », ce qu’on peut expliquer par la proximité de gravières. Illzach: Mondfänger, « attrapeurs de lune ». Cf Brunnstatt. Kilstett: Freschevertränker, « noyeurs de grenouilles ». Mulhouse: Wàckes, « garnements ». Oberschaeffolsheim: Raambolle « boules de crème ». Pàtriotekepf , « têtes de patriotes », peut-être en souvenir de quelque épisode de la Révolution, ou encore Hohlbickel, « dos creux ». Pfaffenheim: Bànnsteinrucker, « déplaceurs de bornes ». Dans l’Alsace ancienne, on n’hésitait pas à déplacer une borne de champ pour gagner l’équivalent d’un sillon. Ici, il s’agit de la limite du ban. Ce serait donc le souvenir d’un litige entre villages. Pfulgriesheim: d’Bajere. Comment expliquer cette allusion à des Bavarois ? Y a-t-il eu une immigration bavaroise au cours de l’histoire ?

Mystère. Les habitants de Reitwiller sont eux aussi aussi considérés comme des Altbajere, « vieux Bavarois ». Quatzenheim: Mörentle, « canetons à fange ». Heryfresser : « bouffeurs de harengs ». Schiltigheim: d’Betzeschiesser. Selon une tradition, les veilleurs de nuit de Schillick crurent voir un ours, Meister Petz. Ils l’abattirent, mais se rendirent compte que c’était un chien. Une autre version parle du verrat communal, pris pour un sanglier. Autre surnom : D’ Seestàdt Schilyke « la ville portuaire Schiltigheim », en raison de la toute proche zone inondable de l’Ill. Lorsque quelqu’un était mal chaussé, on disait : Er het Strusburjer Stiffel unn Schilkemer Fies : « Il a des bottes strasbourgeoises et des pieds schilickois ». Schnersheim: Schliffmühl. Jeu de mot sur Müll (bouche) et Mühle (moulin). Les habitants avaient la réputation d’être de fins parleurs. On imaginait donc qu’ils avaient été à un moulin, la Schliffmühle pour se faire affuter (schliffe) la bouche. La Schliffmühl passait aussi pour un lieu de rajeunissement. Les vieilles femmes entraient dans un entonnoir et en sortaient fraiches comme des jeunes filles Strasbourg. Meise, Meiselocker. Littéralement, « mésanges », « appâteurs de mésanges ». Le premier surnom a été à l’origine appliqué aux canons de la ville, en raison de leur sifflement. Le second, aux artilleurs, puis à l’ensemble des habitants. Wantzenau: Bertscheklopfer, « Assommeurs de poissons ». Wettolsheim: Gottsvergesseni, « oubliés par Dieu ». Les jeux de mots sur la toponymie On retrouve aussi l’imaginaire populaire lorsqu’on passe en revue les blasons des villages et bourgades d’Alsace. Ainsi Turckheim, dont la forme ancienne Torencohaim, suggère la présence de Turingiens. On l’a pourtant expliqué par « Turcs » et par Tür, « porte », au point que cette dernière Bigure sur les armes de la commune. On a même inventé l’histoire d’un chevalier local qui aurait tué un géant Les armes de turc lors des Croisades. Turckheim A Geispolsheim, le nom est dérivé du

germanique Geisbode, « chef des javeli-niers ». Mais le sens du mot gaisa, « ja-velot » s’étant perdu, on a expliqué le toponyme par « chèvre », et c’est cet animal qui Bigure sur le blason. Lorsqu’à la brasserie l’un des buveurs désire lever la séance, il dit aux autres: Geh merr ? Ce qui signiBie en principe « On y va ? ». Mais c’est aussi le nom de Guémar, près de Colmar. On lui répond donc invariablement: Lejt nitt witt vun Kolmer , « N’est pas loin de Colmar ». D’une personne peu généreuse: Er isch nit vun Gehwiller, awer üss Nehwiller, « Il n’est pas de Donne-willer, mais de Nonwiller ». Les gens de Wasselonne avaient la réputation de baptiser leur vin. A propos des piquettes, on disait donc: Er isch durich Wàssle geloffe, « Elle a coulé à travers Wasselonne ». Les estomacs faibles étaient envoyés à Dauen-dorff, ce qui pouvait s’interpréter comme « digestion-ville »; les tristes sont de Traenheim, qu’on feint de lire « village des larmes ». Les joyeux caractères de Freudeneck, « coin de la joie ». Pour conclure, un cas venus de mon propre grand père. Un compagnon est en train de limer une pièce sur son étau, tout en chantant tranquillement, très tranquillement: Ych bin vun Süffelwyrsche, Ych bin vun Süffelwyrsche, « Je suis de Souffelweyersheim »…Son patron le surprend, et pour l’accélérer, lui dit: Wàs ?! Barje, Barje, Barje ! « Quoi ? Bergheim, Bergheim, Bergheim ! ». Les Hofnàme Cette coutume des « noms de ferme » constitue une véritable institution, un identiBiant qui se transmet de génération en génération. Pour faire simple, un exemple. Il y avait à Hoenheim une grosse ferme, aujourd’hui détruite pour rectiBier la route de Bischwiller, qu’on désignait dans la langue orale du nom de s’ Meyerlipps, « chez Philipp Meyer ». Il s’agissait très probablement du constructeur de la ferme. Or, c’est son nom qui a continué à désigner les occupants successifs des lieux. Au moment de sa destruction, c’était la famille Schneider, mais les anciens du village continuaient de les désigner par le Hofnàme. Il ne s’agissait pas d’un sobriquet, mais d’un identiBiant parallèle, qui permettait aussi de les localiser. Il semble que cette coutume soit née entre la Bin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle. Elle est plus attestée en Alsace du nord, et dans le Sundgau.

Les Hofnàme reprenant des noms de personnes, ils peuvent s’inspirer de noms de métiers, de caractères physiques ou d’origines géographiques. On trouve ainsi s’Schmitts, « forgeron » s’Dickes « gros », s’Galwas, « Gallois ». Les chroniques de villages regorgent littéralement d’exemples de ce mode d’identiBication. Notre petite promenade n’a fait qu’efBleurer un domaine d’une incroyable fécondité. Cette dernière tient à un élément central chez l’Homme: son identité et sa place dans le Monde. Il y a là de quoi alimenter d’autres chroniques futures… Pierre Jacob Pour les curieurs et les chercheux: Dr. FROMMANN,K. Die deutschen Mundarten, eine Monatschrift für Dichtung, Forschung und Kritik, 3e année, Nuremberg, 1856, p. 482- 484: Mundartliches aus dem Elsass. L IENHART , H., Surnoms et sobriquets des villes et villages d’Alsace, Besançon 1991. Encyclopédie de l’Alsace, Strasbourg, 1982. « Hofnamen », Dictionnaire historique des institutions de l’Alsace. https://dhialsace.bnu.fr/wiki/Hofnamen